/ EXÉCUTION DES PRIÈRES DU VENDREDI À LA MAISON ET LE SUIVI PAR TÉLÉVISION OU INTERNET DE LA PRIÈRE DU VENDREDI EXÉCUTÉE AILLEURS
EXÉCUTION DES PRIÈRES DU VENDREDI À LA MAISON ET LE SUIVI PAR TÉLÉVISION OU INTERNET DE LA PRIÈRE DU VENDREDI EXÉCUTÉE AILLEURS




DÉCISION
La prière du vendredi, qui est considérée comme l'un des signes distinctifs de l'Islam, est un culte fondamental. Exécuter cette prière dans des maisons privées n’est pas autorisé. Une prière effectuée à la maison ne pourra pas être accepté comme prière du vendredi.
Etant donné qu’il est nécessaire d’être au même endroit que l’imam (à l’intérieur de la mosquée ou à l’extérieur dans un rang lié) pour ceux qui adhèrent aux prières en assemblée, y compris la prière du vendredi, il n'est pas permis de suivre les prières exécutées ailleurs et diffusées via la télévision, Internet, etc. Pour cette raison, si quelqu'un se trouve dans un endroit autre que le lieu où l'imam effectue la prière (à l’intérieur de la mosquée ou à l’extérieur dans un rang lié), cette prière ne sera pas valable.
MOTIFS
La prière du vendredi est un culte obligé pour les hommes sains, libres et résidents (non invités) qui ont atteint l'adolescence. Cette prière est également l'un des signes distinctifs de l'Islam, c'est-à-dire, elle est l’un des cultes, signes et symboles qui doivent être respectés et protégés. Allah Tout-Puissant commande « Ô vous qui avez cru ! Quand on appelle à la Salat du jour du Vendredi, accourez à l'invocation d'Allah et laissez tout négoce. Cela est bien meilleur pour vous, si vous saviez ! Puis quand la Salat est achevée, dispersez-vous sur terre et recherchez [quelque effet] de la grâce d'Allah, et invoquez beaucoup Allah afin que vous réussissiez. » (Vendredi, 62/9-10).
Comme tous les cultes, la prière du vendredi qui est l'un des cultes fondamentaux de la religion islamique, est exécutée de la manière enseignée et pratiquée par le Prophète (saw). En effet, les cultes ne relèvent pas de la sphère de la raison en termes à la fois de leurs exigences et leurs éléments ainsi que de la façon dont ils sont exécutés, et bien que certains commentaires puissent être rendus sur leur sagesse, ce sont des dispositions (adorations) dont le contenu et les causes ne peuvent pas être entièrement saisis par la raison.
Dans ce contexte, depuis la révélation du verset ci-dessus et la première prière du vendredi effectuée par le Prophète, les points suivants ressortent sur cet important signe distinctif religieux :
1. Dans le verset dont la signification est donnée ci-dessus, il est parlé d'appeler tous les croyants à la prière du vendredi, de quitter le travail et d'aller rapidement à l'endroit où l'appel a été fait et de rappeler Allah, ce qui signifie que la prière sera effectuée à l'extérieur de la maison et dans un endroit où tout le monde peut venir.
2. Le Prophète (saw) a systématiquement dirigé cette prière dans une salle de prière ou un masjid. Puis, pendant la période des compagnons et tout au long de l'histoire jusqu'à aujourd'hui, elle a toujours été exécutée dans des lieux ouverts au public (cf. Sevkani, Neylü’l-evtâr, Le Caire 1993, III, 269-277).
3. Tant dans le Coran que dans la sunna du Prophète, il n'est pas parlé de répondre immédiatement à l’appel pour les autres prières obligatoires, au contraire, il est dit que cela devrait être effectué lorsque leur temps commence. En fait, en disant « La terre a été rendue pour moi purificatrice et lieu de prière. Quand c'est l'heure de la prière, priez où que vous soyez. », (Boukhârî, Tayammoum, 1; Muslim, Masjid, 5) le Prophète a déclaré clairement que les cinq prières pourraient être effectuées partout. Mais ce n’est pas le cas de la prière du vendredi. Il s'agit d'une prière qui est exécutée collectivement dans un lieu avec la participation de tout le monde qui est obligé d'y être présent et d'exécuter cette prière dans le cadre d’un appel/adhan.
4. Comme dans de nombreux hadiths il est parlé d’« aller au vendredi », « quitter la maison pour participer au vendredi », « rejoindre l’assemblée », « quand il s'agit de vendredi, les anges se tiennent à côté de la porte de la mosquée et écrivent les fidèles par ordre d’arrivée », d’« effectuer la prière de « tahiyyat al-masjid » lorsqu’on entre au masjid pour la prière du vendredi, de « porter de beaux vêtements », « se parfumer des bonnes odeurs », « aller tôt dans le masjid » lorsqu’on sort pour le Vendredi, chacun de ces faits signifie que ce culte symbolique n'est pas exécuté à la maison, mais dans un lieu ouvert à tous, c'est-à-dire dans une moussala/un lieu de prière ou dans une mosquée.
Certains des hadiths qui contiennent cette disposition sont les suivants:
« Lorsque vient le jour du vendredi, des anges se postent devant les portes de la mosquée, inscrivent le nom de ceux qui assistent à la prière. Celui qui entre à la mosquée le plus tôt est tel celui qui fait offrande d'un chameau. Celui qui arrive ensuite est tel celui qui fait offrande d'une vache, puis le suivant tel celui qui fait offrande d'un bélier, puis tel celui qui fait offrande d'un poulet, puis tel celui qui fait offrande d'un œuf. Lorsque l'imam s'installe sur la chaire, les anges ferment leurs livres et vont écouter le rappel. » (Boukhârî, Vendredi, 31; Muslim, Vendredi, 10, 24).
« Celui qui fait une lotion le vendredi, se nettoie, et se parfume lui-même avec un parfum lui appartenant, puis se rend à la prière, et ne sépare pas deux fidèles déjà installés, qui accomplit les prières prescrites et se tait pendant le prêche de l'imâm, se verra pardonner les péchés qu'il a commis entre ce vendredi et le précédent vendredi. » (Boukhârî, Vendredi, 6; Abu Dâwûd, Taharat, 343 ; Ibn Majah, Iqamat as-Salât, 83).
5. Le fait que le Prophète (sws) a déclaré « la prière du vendredi est obligatoire à tout musulman pubère » (Abu Dâwûd, Taharat, 342 ; An-Nassa’i, Vendredi, 3) et a ajouté à la suite « pourtant elle n’est pas obligatoire pour l’esclave, l’enfant, la femme, le malade » (Abu Dâwûd, Tafri Avbab’il-Joumma, 9 ; Baykhaki, Sunanul Kubra, no : 5578), indique que ce culte sera effectué dans un lieu public en dehors de la maison et qu'il n'est pas obligatoire pour les femmes, les enfants, les domestiques et les patients qui se trouvent dans la maison.
6. La prière du vendredi a toujours été exécutée dans les mosquées ou les moussalas tout au long de l'histoire, et la majorité dominante des érudits islamiques quel que soit leur secte est d’accord sur cette disposition. En d'autres termes, en se basant sur la pratique du Prophète et des compagnons, les érudits islamiques ont conclu que la prière du vendredi devrait être effectuée en assemblée et dans un lieu public (al-Sarakhsi, al-Mabsut, Istanbul 1983, II, 23 ; Ibn Ruchd, Bidāyat al-Mujtahid, Le Caire 2004, I, 167 et al. ; Ibn Abidin, Radd al-Muhtar, Beyrouth 1992, II, 136-140; 151-152).
7. Pendant l’histoire, lorsque des maladies contagieuses telles que la peste avaient commencé et prenaient apparemment une dimension pandémique, les rues étaient vidées en raison des pratiques de quarantaine et lorsque l’assemblée ne pouvait pas prier dans les mosquées, les érudits n’avaient pas émis de fatwa pour l’exécution de la prière du vendredi dans les maisons. Par exemple, au cours de la dix-huitième année de l’Hégire, une maladie infectieuse appelée la peste d'Emmaüs s'est produite dans la région de Damas-Palestine et a causé la mort de vingt-cinq mille personnes, y compris les grands compagnons qui travaillaient dans cette région. Par conséquent, Amr ibn al-As (ra) qui y était nommé après ces morts a pris des mesures de quarantaine dans les montagnes en retirant ceux qui sont en danger de la société, mais n'a pas mentionné que les prières du vendredi pourraient être effectuées dans des maisons individuelles (Tabari, Histoire, Beirut 1387, IV, 101 ; Ibn al-Jawzi, Al-Muntazam, Beyrouth 1992, IV, 248). De même, lors de l'épidémie entourant la Mecque Al Mukarrama en 827/1424, les mosquées étaient restées sans assemblée, les imams ne pouvaient pas accomplir leur fonction, mais exécuter la prière du vendredi dans les maisons n'était pas venu à l'ordre du jour (Ibn Hajar, Inba al-ghumr, Beyrouth 1986, III, 326). Après la peste qui a éclaté à Istanbul en 1812 et a causé la mort de milliers de personnes, bien que plusieurs fatwas ont été prises du Cheikh al-Islam Mekkîzâde Âsim Efendi (m. 1262/1846), aucune fatwa pour exécuter la prière du vendredi dans les maisons à cause des prières du vendredi non-exécutées ou pour les personnes qui ne pouvaient pas l’effectuer n’était pas question («Karantina», DIA, XXIV, 463-465), parce que l'opinion générale selon laquelle la prière du vendredi ne devrait être effectuée que dans des masjid généraux ou dans des zones déterminées pour cela, l’a empêchée de venir à l'ordre du jour (al-Ǧaṣṣāṣ, Cherkhu Mukhtasar Al Tahavi, Medina 2010, II, 134; Mergînânî, al-Hidâyah, Beyrouth ts. (Dâr Ihyā'at-turāt al-'arabi), I, 82; Shirbini, Mughni al-muhtaj, Beyrouth 1994, I, 543; Karâfî, az-Zehîra, Beyrouth 1994, II, 335; es-Sâvî, Hachiye ala'che-Cherhi's-Sagir, ts du Caire (Dâru'l-Meârif), I, 499-500).
8. Bien qu'il existe un différend concernant le nombre minimum de personnes requise pour l’assemblée de la prière du vendredi (qui est 3 selon les Hanafites sauf l’imam, 12 selon les Malikites et 40 selon les Chafiites et les Hanbalites), il existe un accord selon lequel ce nombre doit être composé des personnes obligées d’exécuter la prière du vendredi, sinon la prière du vendredi effectuée ne sera pas acceptable (Mergînânî, al-Hidâyah, I, 83; Ibn Abidin, Radd al-Muhtar, II, 151; Shirbini, Mughni al-muhtaj, I, 545 -6; es-Sâvî, Hachiye ala'che-Cherhi's-Sagir, I, 497). Cette opinion commune des érudits islamiques conclut que cette prière ne peut être effectuée que dans des mosquées ouvertes à tous.
9. L'une des raisons d’avoir obligé la prière du vendredi est de veiller à ce que les croyants qui résident dans un lieu se réunissent une fois par semaine pour être conscients des uns des autres et des questions qui les concernent et pour trouver des solutions à leurs problèmes. Dans ce contexte, compte tenu du sens et de la sagesse du mot vendredi (Jouma), il est entendu qu'il ne sera pas permis et possible de la faire à la maison.
Toutes ces preuves et approches montrent que la prière du vendredi, qui est l'un des symboles sociaux concrets de l'Islam, ne peut pas être exécutée à la maison, mais au contraire, elle doit être exécutée dans des mosquées ou des moussalas ou des espaces ouverts où tout le monde peut participer.
En ce qui concerne la question d’exécuter la prière du vendredi en assemblée en suivant l’imam qui se trouve dans un autre endroit via les moyens de la communication tels que l’Internet, la télévision etc., selon l'acceptation commune qui se base sur les pratiques du Prophète (saw) et des compagnons, l'imam et l’assemblée doivent être au même endroit pour effectuer la prière en assemblée. La pratique établie va dans ce sens depuis Asr al saadah (l’Âge de Bonheur). En fait, la notion de « assemblée qui suit un imam » requiert cela, c'est-à-dire l'unité de l'espace et la rencontre mutuelle. La sagesse d'accomplir des prières en assemblée a pour but de permettre aux musulmans de se rencontrer et d'être informé des uns des autres, d'échanger des informations, d'établir l'amour et la solidarité entre eux, et d'accomplir leur culte avec l'esprit d'unité. Pour cette raison, le Prophète a encouragé les prières en assemblée et a déclaré que chaque pas à faire pour atteindre l’assemblée sera récompensé (Boukhârî, Adhan, 30; Mesacid, 53 ; Abu Dâwûd, Salat, 47, 49). D'autre part, il a été également déclaré par le Prophète que l’« assemblée » ne peut être formée que par deux personnes réunies (Boukhârî, Adhan, 35 ; An-Nassa’i, Imamet, 43-45). En fait, en disant « Si les gens connaissaient toute la récompense de prier au premier rang, ils ne trouveraient rien d’autre pour se départager que le tirage au sort. S’ils connaissaient toute la récompense qu’il y a à prier de bonne heure, ils se précipiteraient. S’ils connaissaient toute la récompense qu’il y a à accomplir la prière de la nuit (‘icha) et du matin, ils viendraient à prier en assemblée même en rampant. » (Boukhârî, Adhan, 32 ; Muslim, Salaat, 129), il a souligné que l’assemblée est formée par la présence de tous, ainsi que l'imam. Le hadith suivant souligne la même vérité: « Lorsqu’un homme accomplit la prière en assemblée, sa prière est vingt-cinq fois supérieure à celle qu’il accomplirait chez lui ou au marché. Voici la raison : Si quelqu’un parmi vous fait ses ablutions de la manière la plus parfaite, et se rend à la mosquée avec la seule intention d’y accomplir la prière, à chaque pas qu’il fait sur le chemin de la mosquée, il voit son rang élevé d’un degré et l’un de ses péchés est pardonné. Lorsqu’il entre à la mosquée, le moment où il attend pour la prière est compté comme s’il priait. Les anges prient pour lui. Tant qu’il ne fait du mal à personne et tant qu’il conserve ses ablutions, les anges invoquent Dieu en sa faveur : “Ô Allah ! Pardonne ton serviteur, fais lui miséricorde et accepte son pardon.” (Abu Dâwûd, Salaat, 49).
Pour ces raisons-là, la prière de la personne ayant l'intention de suivre l'imam mais qui se trouve en dehors du lieu où l'imam exécute la prière, ne sera pas valable. En fait, une rivière ou une large route passant entre l'imam et l’assemblée a été acceptée par les érudits islamiques comme un obstacle pour suivre l’imam (Ibn Noujaym, al-Bahr, Le Caire 1311, I, 384; II, 127; al-Fatava’l-Hindiyye, Bulak 1310, I, 87). Selon cela, comme en ayant l'intention de suivre l’imam qui se trouve dans un autre endroit via Internet, la télévision et la radio, l’assemblée ne sera pas formée et l'unité de l'espace ne pouvant pas être réalisée, la prière ainsi exécutée ne sera pas valable.
En conséquence, il est nécessaire de se conformer à toutes les règles et pratiques mentionnées dans le Coran et la Sunna lors de l’exécution des cultes. Il n'est pas correct de changer la forme et la manière d’exécution des cultes, ni de faire des ajouts ou des suppressions.


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